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Mon parcours

  

 Durant mes années d'études en psychologie à la Sorbonne puis à l'Institut de Psychologie de Paris pour l'obtention du diplôme de psychopathologie, il n'y avait guère d'autre vision de la psychologie que celle donnée par le prisme analytique freudien certes brillant mais solitaire, et l'unique psychothérapie digne de son nom à laquelle une psychologue puisse être formée, était la psychanalyse.

Le fait d'être bilingue français-anglais m'avait permis très tôt de cultiver une fascination pour tout ce qu'offraient les universités américaines dans le vaste domaine de la psychologie, principalement en recherche psycho-physiologique et en thérapies "nouvelles". Behaviour modification, bio-feedback, approche systémique de Palo-Alto, sensitivty training groups (T-groups) me faisaient rêver.  Nous étions alors en pleine époque "Peace and Love".

Ce fut donc avec la curiosité d'une néophyte et l'enthousiasme d'une béotienne que je suivis les formations sus-mentionnées, les unes dans le cadre de mon doctorat comme les techniques de conditionnement opérant (Behavior Modification ou thérapie comportementale/behaviorale) et la relaxation progressive musculaire de Jacobson qui accompagne souvent les programmes de reconditionnements, le biofeedback, l'approche systémique de Palo-Alto auprès des familles, les autres comme les T-groups et l'approche rogérienne que je retins principalement comme technique d'entretien lors de séminaires de formation tant aux USA quand étudiante qu'au Canada au cours de ma pratique de psychologue clinicienne.

Au fil des ans, dans le volet psychothérapeute de ma profession de psychologue clinicienne, j'ai développé ma propre approche en intégrant ce qui, dans les différentes approches théorico-pratiques auxquelles j'avais été formée*, m'était apparu comme indispensable à la compréhension et, en conséquence, à la résolution des problèmes et autres difficultés présentées par la clientèle.

* Excepté le cognitvisme que je pratiquais comme technique psychothérapeutique depuis mes premières années en tant que psychothérapeute dans les années 1970 sans savoir que cela s'appelait du cognitivisme à l'époque (quoique le cognitivisme fut conceptualisé dans le courant des années 1960 par Aaron Beck)! Il est vrai que par mon éducation familiale, par mes maîtres à penser, Platon, Descartes et Kant, par mes années de formation tant en recherche expérimentale qu'en techniques de conditionnement, j'étais préparée à la maîtrise de la pensée, à l'objectivité, par utilisation de la logique et de la raison pour tout contenu verbal qu'il m'était donné d'entendre

Mon approche

A cette époque des années 1970 et jusqu'à récemment, mon style d'approche s'appelait éclectique. Cette approche correspond à l'approche intégrative classique telle que pratiquée par beaucoup de psychothérapeutes tant européens qu'américains mais, apparemment, peu en France.

Donné mes formations théorico-pratiques et mes années d'expériences auprès d'une clientèle dont la diversité venait de la nature des problèmes exprimés, de l'appartenance à des milieux culturo-socio-professionnels différents, et des tranches d'âge, je me suis rendue compte de l'importance et donc de la nécessité de prendre en compte tout un ensemble de concepts, d'approches techniques, de manières de conduire les entretiens que je puisais dans chacune  des méthodes auxquelles j'avais été formée: les méthodes analytique, cognitivo-behaviorale, humaniste-existentielle et systémique avec utilisation en complémentaire de la relaxation musculaire progressive de Jacobson quand besoin est.

Je m'aperçus que, selon les demandes, les besoins, le degré de normalité ou de déséquilibre donc en fonction de la symptomatologie, selon les situations au moment de la consultation, et au fur et à mesure du développement de la relation psychothérapeutique, une technique était plus appropriée qu'une autre ou une intégration des concepts dans une approche qui n'avait que peu de liens avec le modèle théorique dont ces concepts étaient issus était plus utile aux personnes consultant. Question de respect d'autrui, d'efficacité, d'honnêteté avec soi-même.

blue08_next.gif  Ce fichier est repris en détail dans l'ouvrage  que j'ai dédié à mon directeur de thèse de doctorat, The Late Henry E. Adams, Professor of Psychology and Director of Clinical Training at the University of Georgia: "Une approche en psychothérapie éclectique intégrative" dont voici le synopsis ci-dessous et la table des matières.

En reprenant le fil de ma pratique de psychologue-psychothérapeute que j'ai exercé en Amérique du Nord et que je continue d'exercer ici, en France, je me suis intéressée à faire le point sur l'évolution des techniques en psychothérapie.
L'évolution des techniques utilisées, tant dans le cadre de traitements des maux psychiques pour les personnes souffrantes et, ou en état de malaise que dans celui de l'accession à l'équilibre physico-psychique même si l'on ne souffre aucunement mais que l'on veuille vivre mieux avec soi-même et avec autrui, doit beaucoup à nombres de chercheurs issus de différentes branches, médecine, communication, sciences exactes comme les mathématiques mais surtout aux psychologues, les avancées dans les techniques psychothérapeutiques accompagnant celle de la psychologie, science de laquelle elles procèdent.

Suite à l'éclosion durant les années 1960-1970, des modèles théorico-pratiques, cognitivo-comportemental, systémique, humaniste-existentiel et des thérapie complémentaires ou alternatives dont les thérapies psycho-corporelles et les groupes, la méthode éclectique, intégrant les concepts et principes de base à l'usage des techniques issus de ces de différents modèles auxquels nous ajoutons le modèle analytique, s'est imposée au fur et à mesure des ans.

                       
Au-delà de sa valeur
heuristique, la méthode éclectique appelée maintenant éclectique intégrative permet une appréhension exhaustive de la personne, passé et présent réunis, psyché et soma intégrés, en relation avec ses milieux de vie, qu'elle soit en état de souffrance, en proie aux maux existentiels que sont l'angoisse et la dépression, ou bien à la recherche d'un état d'équilibre physico-psychique stable et de la sérénité, indépendamment de tout malaise.

De plus, il est à remarquer que l'aide apportée à la personne pour résoudre son malaise et, ou pour atteindre le bien-être ne dépend pas uniquement de la méthode employée, multimodale quand on intègre plusieurs modèles théorico-pratiques dans l'intervention psychothérapeutique ou unimodale quand on utilise qu'un seul modèle théorico-pratique.          
Des
facteurs autres contribuent au déroulement du processus psychothérapeutique parmi lesquels on reconnaît les facteurs communs décrits par l'ensemble des psychothérapeutes: ce sont les facteurs situationnels inhérents à cette relation spécifique qu'est la relation psychothérapeutique et à ses protagonistes que sont la ou les personnes consultantes et le psychothérapeute, auxquels peuvent s'ajouter des facteurs situationnels incidents parmi lesquels l'effet placebo*, le transfert, les aléas de la vie.

Nous proposons une analyse de ces facteurs situationnels parmi lesquels on compte, pour les facteurs inhérents à la relation psychothérapeutique, les expressions verbale et non-verbale, les temps de la thérapie, la qualité de cette relation, pour la personne en consultation sa motivation et son authenticité et pour le psychothérapeute, tout un ensemble d'aptitudes parmi lesquels citons la flexibilité, sa faculté d'adaptation, l'intuition**.

A partir de ces différentes observations, il ressort que, en ce qui concerne le psychothérapeute, il puisse acquérir de bonnes bases en psychologie comme discipline scientifique, de la psychopathologie à la neuro-psychologie en passant par la psychologie sociale et celle du développement entres autres domaines. Ces bases lui sont d'autant plus nécessaires pour aider la personne s'il veut la comprendre dans sa totalité, en relation avec ses milieux de vie, et dans son unité physico-psychique.

D'autre part, s'il utilise le modèle éclectique intégratif classique, il aura reçu une formation dans les techniques cognitivo-comportementales, analytique, systémique, humaniste-existentielle, sans oublier quelques techniques complémentaires quand on s'y intéresse comme la relaxation, les groupes, l'hypnose ou le bio-feedback.

A l'heure actuelle, alors que finalement le modèle éclectique-intégratif est reconnu, on s'oriente grâce aux avancées en techniques d'imagerie quand appliquées à l'étude du fonctionnement du cerveau vers une nouvelle forme de thérapie de type neuro-cognitif, exercices mentaux spécifiques qui permettent de développer telle ou telle faculté cognitive servant soit à stimuler, soit à maîtriser telle ou telle partie du cerveau par la pratique intensive d'une activité cérébrale de type cognitif ou émotionnel.

Nous allons apprendre à « muscler » notre cerveau ou, en termes plus scientifiques et plus exacts, à accroître la densité neuronale de certaines aires cérébrales pour mieux penser, mieux nous contrôler et aussi, pour atteindre une parfaite sérénité dans notre recherche de l'accession au bonheur, l'attrait pour les techniques extrême-orientales de maîtrise du corps et de l'esprit par processus de rétroaction étant très présent.

Ce qui me fait observer que, depuis quelque trente ans, la psychothérapie a évolué d'une façon considérable.

1° Elle ne sert plus uniquement à guérir une personne malade mais à permettre à une personne non malade de se mieux connaître et de vivre mieux : on est passé du stade de la psychopathologie et de la psychiatrisation à celui de la psychologie de la personne normale qui est à la recherche de son équilibre physico-psychique; le champ de la psychothérapie s'est donc étendu de l'anormalité à la normalité.

2. La dichotomie corps-esprit et l'étude de l'être humain, pur esprit, sans lien avec ses milieux, sont dépassées et l'on tend vers une vision holistique de la personne en s'inspirant, entre autres techniques, de celles venues d'Extrême-Orient, et de la systémique qui s'appuie tant sur la communication entre les personnes que sur les phénomènes de rétroaction entre les systèmes.

3. On a maintenant un choix d'approches en psychothérapie qui se compte par centaines, les unes en unimodale, les autres en combinaison multimodale ; ce qui permet de couvrir l'ensemble des possibles demandes, des besoins et des attentes d'une clientèle en quête du meilleur pour elle-même.      
4. Il est clair que les aspirations des personnes ont énormément changé : ce n'est plus seulement une question de ne plus souffrir mais de vivre mieux ; c'est donc une question d'un bien-être physico-psychique et pour certains de recherche de la sérénité.

5. La psychothérapie, art et technique, procédant d'une science, la psychologie qui, elle, est une science en devenir, nous nous orientons vers de nouvelles formes de thérapie qui replacent le cerveau et son fonctionnement au centre de nos préoccupations tout en nous assurant des bienfaits des thérapies existantes à ce jour***.

 

Table des Matières

Avertissement                                                      

Dédicace

Préface                                                                  

Chapitre I : Psychothérapie et Psychologie

A. Qu'est-ce que la psychothérapie ?                                                 

B. Evolution de la psychologie                                                       

C. Psychologie et psychothérapie                                                   

D. Psychologue et psychothérapeute                                               

Chapitre II : Evolution de la psychothérapie   

A. Les quatre étapes  dans l'évolution de la psychothérapie 

B. Structure de chaque étape                                                          

1.        Le combat des géants                                                   

2.        Les nouveaux modèles                                       

3.        Le modèle éclectique et les thérapies psycho-corporelles                                                     

4.       Le cerveau décodé : une nouvelle approche de la psychologie ; vers de nouvelles formes de psychothérapie

C. Contenu théorico-pratique des modèles dits classiques apparus au cours de chaque étape                                                                

         1.    Deux modèles théorico-pratiques s'affrontent tout en s'ignorant           

 2.    Période exploratoire pré et post seconde guerre mondiale : émergence de nouveaux modèles

 3.     Eclosion de modèles théorico-pratiques durant les années 1960-70 dont l'approche éclectique       

 4.     Reconnaissance du modèle éclectique intégratif ; vers les thérapies neuro-cognitives                       

Chapitre III: Une approche en psychothérapie éclectique intégrative                                                       

A. Généralités sur l'approche éclectique intégrative dite classique                                                                         

B. Concepts, principes de base à l'usage de techniques, issus des quatre modèles théorico-pratiques classiques           

1.        modèle analytique                                                          

2.        modèle cognitivo-comportemental                               

3.       modèle systémique                                                       

4.       modèle humaniste-existentiel                                       

5.        les thérapies complémentaires ou alternatives               

C. Les facteurs situationnels                                                           

1.      les facteurs situationnels inhérents à la relation psychothérapeutique                                 

                  a. les facteurs structurels                                         

               - expression verbale                                    

                     - expression non-verbale : gestuelle et silence

                     - le temps psychothérapeutique                     

                     - les autres temps de la psychothérapie: moments  et instants privilégiés          

                   b.  les facteurs psychologiques                              

      - aptitudes du psychothérapeute                     

                         - attitudes de la personne consultante             

2.       Les facteurs situationnels incidents à la relation psychothérapeutique                                                  

             a.  les facteurs relationnels                                     

                   - effet placebo                                                  

                   - premières impressions                                

                   - transfert et contre-transfert                         

                   b. les facteurs conjoncturels                                

                           - les aléas de la vie                                         

Chapitre IV : Regard sur mon expérience en psychothérapie éclectique intégrative                  

A. Une histoire

B. Observations                                                                    

C. Techniques de base                                                                  

D. Méthode                                                                 

     1. le cadrage                                                          

     2. la phase de reformulation de la pensée              

     3. la terminaison                                                   

Conclusions                                             

Addenda                                                      

I- Techniques de modification des conduites                           

II Les deux types de conditionnement                                     

III Les trois catégories de renforcement                                  

IV La méthode de relaxation musculaire progressive de Jacobson                                                                            

V Hiérarchie des besoins selon Abraham Maslow                    

VI Liste des mécanismes de défense les plus utilisés               

VII Quelques réflexions sur la plasticité cérébrale                    

VIII Le système limbique : centre des émotions                      

IX. L'effet placebo en psychologie

X Diagramme sur les facteurs d'influence                    

Bibliographie                                                    

Table des matières                                              

 

*L’effet placebo fait partie des facteurs situationnels incidents que l’on retrouve parmi ce que les psychothérapeutes appellent facteurs communs. Etymologiquement, le terme placebo vient du latin  qui veut dire « je plairai ». A l’opposé, nocebo signifie « je nuirai ». Dans le dictionnaire Larousse du xixe siècle, le terme placebo désigne le courtisan, homme qui aime plaire.

Bref historique : l’observation du phénomène placebo en médecine n’est pas récente. Ce phénomène aurait été identifié dès la fin du xviiie siècle en Angleterre. On retrouverait ce terme dans un dictionnaire médical anglais le  Motherby’s New Medical Dictionnary de 1785 dans lequel le mot placebo est décrit comme a commonplace method or medecine; ce qui laisse supposer que : un, l’effet placebo avait été observé depuis fort longtemps ; et que deux, le placebo était alors considéré comme une méthode d’usage courant appliquée comme médecine, c’est-à-dire comme traitement. Référence donnée par Shapiro (Arthur K), « Placebo effects in Medecine, Psychotherapy, and Psychoanalysis », dans Bergin (Allen. E) and Garfield (Sol L), Handbook of psychotherapy and behavior change, New-York, John Wiley and Sons, Inc, 1971, p. 440.

Après les avatars du placebo devenu une technique utilisée en recherche dans divers domaines et principalement celui de la pharmacologie pour différencier les effets psychologiques des effets physiologiques des médicaments, grâce aux nouvelles techniques d’investigation du fonctionnement cérébral par imagerie, on sait que l’effet psychologique du placebo a une réalité neuro-bio-chimique avec ses lieux d’action de mieux en mieux circonscrits dans le cerveau, à savoir les structures cérébrales impliquées dans l’anticipation ou la préparation au soulagement de la douleur parmi lesquelles le cortex orbito-frontal, l’amygdale cérébrale droite et le cortex cingulaire rostral, zones riches en récepteurs μ-opioïdes d’où sont libérées les neuropeptides opioïdes à effets analgésiques et donc euphorisants, parmi lesquelles les endorphines et les enképhalines. Se reporter à la dernière publication en date sur ce sujet celle de Tor D. Wager et al., Placebo effects on human-μ-opioid activity during pain in Proceedings of the National Academy of Sciences of the U.S.A., June 19, 2007, publication en ligne sur le site http://.www.pnas.org/ Selon les conclusions de Tor D.Wager et son équipe, le placebo a pour effet d’accroître la décharge de substances opioïdes dans les zones du cerveau riches en récepteurs à opioïdes, c’est-à-dire celles de ces régions où sont libérées de façon naturelle les substances analgésiques, les enképhalines et les endorphines, substances qui possèdent, par voie de conséquence, une fonction euphorisante.

L’effet placebo en psychologie représente donc la parfaite démonstration de l’existence d’une action psychologique positive quand on porte attention à quelqu’un : une action qui a des répercussions dans le cerveau de cette personne car le phénomène psychologique du soulagement qu’est celui de savoir que l’on va être aidé est lui-même l’expression de phénomènes neuro-bio-chimiques et électriques qui ont lieu dans nos neurones quand on est rassuré, soulagé, content, sécrétion des hormones du « plaisir » oblige! En psychologie, on peut alors faire la triple équation suivante : effet placebo égale effet psychologique positif, égale effet psychothérapeutique égale effet neuro-bio-chimique et électrique ; donc, un effet qui est loin d’être neutre et même nul comme il l’est en pharmacologie dans l’expérimentation des effets thérapeutiques de tel ou tel médicament. Ainsi, lorsqu’on évoque comme type de facteur incident rendant compte du bon déroulement d’une psychothérapie l’effet placebo, c’est quasiment faire une tautologie. Par effet placebo, on valide la reconnaissance de l’effet bénéfique du phénomène psychologique qui a lieu chez la personne lorsqu’on lui porte attention, intérêt, avec assurance d’aide et de soutien soit une sensation de soulagement, de plaisir même, de réconfort qu’elle éprouve à savoir qu’on la comprend et qu’elle va être prise en charge pour aller mieux. Si l’effet placebo signifie effet nul dans le cas d’un médicament inefficace, il n’en est pas de même en psychologie.

** L'intuition chez tout individu est la conscience dans l'instant d'une perception globale projective qui coïncide au plus près à la réalité de ce que l'on sait avoir été, qui est, ou bien qui peut arriver.  
Chez le psychothérapeute, cette perception sera d'une acuité d'autant plus fine et conforme à la réalité qu'il aura acquis, par son expérience et sa pratique, une bonne connaissance de l'être humain dans ses façons d'être et de penser.

Cette faculté n'a rien de mystérieux : elle est basée d'une part sur le jugement appelé aussi bon sens ou logique pratique et, d'autre part, sur l'appréhension des similitudes, d'autres parleront d'analogies, entre des situations ayant déjà existé ou dont l'éventualité s'est déjà présentée et les situations qui risquent de se produire ou vont se produire donné des prémices similaires.

A noter que le jugement ou bon sens n'est à l'ordinaire que cette faculté d'évaluer ce que l'on doit faire ou ne pas faire, ce qu'il faut faire ou ne pas faire, comment on doit penser et agir de façon logique, raisonnée et raisonnable dans le respect d'autrui et de soi.

C'est donc la logique pratique qui est à l'ouvre dans ce cas. Comme cette logique pratique a été façonnée au cours de millénaires d'acculturation dans chaque société, elle est exercée par notre cerveau de façon quasi réflexe, quasi-automatique, c'est-à-dire sans qu'on y pense, donc de façon extrêmement rapide.

De même, en ce qui concerne le raisonnement analogique ou appréhension des similitudes entre des situations déjà éprouvées et celles qui ont lieu au moment même ou bien que l'on pense vont avoir lieu, il est évident que cette opération se fait elle-aussi à la vitesse de l'éclair, en dixième de secondes, en même temps que l'analyse à partir de la logique pratique.

On pourrait penser que les résultats obtenus par l'intuition et ceux obtenus par le raisonnement plus long, hypothético-déductif, comme celui appliqué dans la logique arithmétique, avec le deux plus deux égal quatre sont différents : certes, ils peuvent l'être car fort souvent, en logique pratique couplée avec les analogues, les résultats sont à l'image du postulat gestaltiste de base : « le tout est plus que la somme de ses parties ». Par contre, ces résultats peuvent aussi être identiques.

Donc deux possibilités se présentent :

a) quand les résultats obtenus sont différents, c'est, je pense, parce que l'intuition requiert l'action synchrone des facultés d'analyse et de synthèse qui s'expriment alors dans un même mouvement d'opération mentale globale avec synthèse immédiate donc d'une grande célérité mais d'une précision qui reste aléatoire tandis qu'à l'habitude, quand nous pensons plus selon notre logique arithmétique, nous procédons par opérations en sériations d'analyse puis de synthèse, donc selon un mouvement plus long d'opérations mentales mais plus méticuleusement accomplies l'une après l'autre et qui ne laisse donc que peu de place aux erreurs d'appréciation car il n'y a pas, dans ce cas-ci, d'appréciation globale ou, en d'autres termes, d'évaluation perceptuelle virtuelle (nous faisons référence à des opérations mentales).

b) quand les résultats sont similaires ou identiques, cela prouve que logique intuitive et logique de type arithmétique procèdent toutes deux avec les mêmes types d'opérations mentales, analyse et synthèse, à la différence que dans un cas, ces opérations sont synchrones, dans l'autre cas, elles se font en différé. Il serait intéressant d'explorer les loci cérébraux de l'intuition et de voir si ce sont les mêmes que ceux activés durant l'analyse et la synthèse dédoublées..

*** A noter la contribution croissante des techniques de neuroimagerie fonctionnelle dans l'évaluation de différentes formes de psychothérapie, de leurs apports respectifs dans le traitement des symptômes, tout en apportant des précisions sur leurs loci d'action dans le cerveau. Lire, entre autres articles, dans www.nature.com/mp du 26 mai 2006 la revue de l'article de Dr.DEJ Linden, School of Psychology, University of Wales, UK  "How psychotherapy changes the brain - the contribution of functional neuroimaging" publié dans Molecular Psychiatry (2006) 11, 528-538.

                                

 

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