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A
cette époque des années 1970 et jusqu'à
récemment, mon style d'approche s'appelait
éclectique. Cette
approche correspond
à l'approche intégrative classique
telle que pratiquée par beaucoup de psychothérapeutes
tant européens qu'américains
mais, apparemment, peu en France.
Donné
mes formations théorico-pratiques et mes
années d'expériences auprès
d'une clientèle dont la diversité
venait de la nature des problèmes exprimés,
de l'appartenance à des milieux culturo-socio-professionnels
différents,
et des tranches d'âge, je me suis rendue
compte de l'importance et donc de la nécessité
de prendre en compte tout un ensemble de concepts,
d'approches techniques, de manières de conduire
les entretiens que je puisais dans chacune des
méthodes auxquelles j'avais été
formée: les méthodes analytique, cognitivo-behaviorale,
humaniste-existentielle
et systémique avec utilisation en
complémentaire de la relaxation musculaire
progressive de Jacobson quand besoin est.
Je m'aperçus que, selon les demandes,
les besoins,
le degré
de normalité ou
de déséquilibre donc en fonction de la
symptomatologie, selon les
situations
au moment de la consultation, et
au fur et à mesure du développement de
la relation psychothérapeutique, une technique
était plus appropriée qu'une autre ou une intégration
des concepts dans une approche qui n'avait que
peu de liens avec le modèle théorique
dont ces concepts étaient issus était plus
utile aux personnes consultant. Question de respect
d'autrui, d'efficacité, d'honnêteté
avec soi-même.
Ce
fichier est repris en détail dans
l'ouvrage que j'ai dédié
à mon directeur de thèse de
doctorat, The Late Henry E. Adams, Professor
of Psychology and Director of Clinical Training
at the University of Georgia: "Une approche en psychothérapie
éclectique intégrative"
dont voici
le synopsis ci-dessous et la table des matières.
En reprenant le fil de ma pratique de
psychologue-psychothérapeute que j'ai exercé en Amérique du Nord et que je
continue d'exercer ici, en France, je me suis intéressée à faire le point sur
l'évolution des techniques en psychothérapie.
L'évolution des techniques utilisées, tant dans le cadre de traitements des
maux psychiques pour les personnes souffrantes et, ou en état de malaise que
dans celui de l'accession à l'équilibre physico-psychique même si l'on ne
souffre aucunement mais que l'on veuille vivre mieux avec soi-même et avec
autrui, doit beaucoup à nombres de chercheurs issus de différentes branches,
médecine, communication, sciences exactes comme les mathématiques mais surtout
aux psychologues, les avancées dans les techniques psychothérapeutiques
accompagnant celle de la psychologie, science de laquelle elles procèdent.
Suite à l'éclosion durant les années 1960-1970, des
modèles théorico-pratiques, cognitivo-comportemental, systémique,
humaniste-existentiel et des thérapie complémentaires ou alternatives dont les
thérapies psycho-corporelles et les groupes, la méthode éclectique, intégrant
les concepts et principes de base à l'usage des techniques issus de ces de
différents modèles auxquels nous ajoutons le modèle analytique, s'est imposée au
fur et à mesure des ans.
Au-delà de sa valeur heuristique, la méthode éclectique appelée maintenant
éclectique intégrative permet une appréhension exhaustive de la personne, passé
et présent réunis, psyché et soma intégrés, en relation avec ses milieux de
vie, qu'elle soit en état de souffrance, en proie aux maux existentiels que
sont l'angoisse et la dépression, ou bien à la recherche d'un état d'équilibre
physico-psychique stable et de la sérénité, indépendamment de tout malaise.
De plus, il est à remarquer que l'aide apportée à la
personne pour résoudre son malaise et, ou pour atteindre le bien-être ne dépend
pas uniquement de la méthode employée, multimodale quand on intègre plusieurs
modèles théorico-pratiques dans l'intervention psychothérapeutique ou unimodale
quand on utilise qu'un seul modèle théorico-pratique.
Des facteurs autres contribuent au déroulement du processus
psychothérapeutique parmi lesquels on reconnaît les facteurs communs
décrits par l'ensemble des psychothérapeutes:
ce sont les facteurs situationnels inhérents à cette relation spécifique qu'est la relation psychothérapeutique et
à ses protagonistes que sont la
ou les personnes consultantes et le psychothérapeute, auxquels peuvent
s'ajouter des facteurs situationnels incidents
parmi lesquels l'effet placebo*,
le transfert, les aléas de la vie.
Nous proposons une analyse de ces facteurs
situationnels parmi lesquels on compte, pour les facteurs inhérents à la
relation psychothérapeutique, les expressions
verbale et non-verbale,
les temps
de la thérapie, la qualité de cette relation, pour la
personne en consultation sa motivation et son authenticité et pour le
psychothérapeute, tout un ensemble d'aptitudes parmi lesquels citons la
flexibilité, sa faculté d'adaptation, l'intuition**.
A partir de ces différentes observations, il ressort
que, en ce qui concerne le psychothérapeute, il puisse acquérir de bonnes bases
en psychologie comme discipline scientifique, de la psychopathologie à la
neuro-psychologie en passant par la psychologie sociale et celle du
développement entres autres domaines. Ces bases lui sont d'autant plus
nécessaires pour aider la personne s'il veut la comprendre dans sa totalité, en
relation avec ses milieux de vie, et dans son unité physico-psychique.
D'autre part, s'il utilise le modèle éclectique
intégratif classique, il aura reçu une formation dans les techniques
cognitivo-comportementales, analytique, systémique, humaniste-existentielle,
sans oublier quelques techniques complémentaires quand on s'y intéresse comme
la relaxation, les groupes, l'hypnose ou le bio-feedback.
A l'heure actuelle, alors que finalement le modèle
éclectique-intégratif est reconnu, on s'oriente grâce aux avancées en techniques
d'imagerie quand appliquées à l'étude du fonctionnement du cerveau vers une
nouvelle forme de thérapie de type neuro-cognitif, exercices mentaux
spécifiques qui permettent de développer telle ou telle faculté cognitive
servant soit à stimuler, soit à maîtriser telle ou telle partie du cerveau par
la pratique intensive d'une activité cérébrale de type cognitif ou émotionnel.
Nous allons apprendre à « muscler » notre
cerveau ou, en termes plus scientifiques et plus exacts, à accroître la densité
neuronale de certaines aires cérébrales pour mieux penser, mieux nous contrôler
et aussi, pour atteindre une parfaite sérénité dans notre recherche de
l'accession au bonheur, l'attrait pour les techniques extrême-orientales de
maîtrise du corps et de l'esprit par processus de rétroaction étant très
présent.
Ce qui me fait observer que, depuis quelque trente
ans, la psychothérapie a évolué d'une façon considérable.
1° Elle ne sert plus uniquement à guérir une personne
malade mais à permettre à une personne non malade de se mieux connaître et de
vivre mieux : on est passé du stade de la psychopathologie et de la
psychiatrisation à celui de la psychologie de la personne normale qui est à la
recherche de son équilibre physico-psychique; le champ de la psychothérapie
s'est donc étendu de l'anormalité à la normalité.
2. La dichotomie corps-esprit et l'étude de l'être
humain, pur esprit, sans lien avec ses milieux, sont dépassées et l'on tend
vers une vision holistique de la personne en s'inspirant, entre autres techniques,
de celles venues d'Extrême-Orient, et de la systémique qui s'appuie tant sur la
communication entre les personnes que sur les phénomènes de rétroaction entre
les systèmes.
3. On a maintenant un choix
d'approches en psychothérapie qui se compte par centaines, les unes en
unimodale, les autres en combinaison multimodale ; ce qui permet de
couvrir l'ensemble des possibles demandes, des besoins et des attentes d'une
clientèle en quête du meilleur pour elle-même.
4. Il est clair que les aspirations des personnes ont énormément changé :
ce n'est plus seulement une question de ne plus souffrir mais de vivre
mieux ; c'est donc une question d'un bien-être physico-psychique et pour
certains de recherche de la sérénité.
5. La psychothérapie, art et
technique, procédant d'une science, la psychologie qui, elle, est une science
en devenir, nous nous orientons vers de nouvelles formes de thérapie qui
replacent le cerveau et son fonctionnement au centre de nos préoccupations
tout en nous assurant des bienfaits des
thérapies existantes à ce
jour***.
Avertissement
Dédicace
Préface
Chapitre I : Psychothérapie et Psychologie
A. Qu'est-ce que la
psychothérapie ?
B. Evolution de la psychologie
C. Psychologie et psychothérapie
D. Psychologue et psychothérapeute
Chapitre II : Evolution de la
psychothérapie
A. Les quatre étapes dans l'évolution de la
psychothérapie
B. Structure de chaque étape
1.
Le combat des géants
2.
Les nouveaux modèles
3.
Le modèle éclectique et les
thérapies psycho-corporelles
4. Le cerveau décodé : une nouvelle
approche de la psychologie ; vers de nouvelles formes de psychothérapie
C. Contenu théorico-pratique des modèles dits classiques apparus au cours
de chaque étape
1. Deux modèles théorico-pratiques
s'affrontent tout en s'ignorant
2. Période exploratoire pré et post
seconde guerre mondiale : émergence de nouveaux modèles
3. Eclosion de modèles
théorico-pratiques durant les années 1960-70 dont l'approche éclectique
4. Reconnaissance du modèle
éclectique intégratif ; vers les thérapies neuro-cognitives
Chapitre III: Une approche en
psychothérapie éclectique intégrative
A. Généralités sur l'approche éclectique intégrative
dite classique
B. Concepts, principes de base à
l'usage de techniques, issus des quatre modèles théorico-pratiques
classiques
1.
modèle analytique
2.
modèle
cognitivo-comportemental
3. modèle systémique
4. modèle humaniste-existentiel
5.
les thérapies complémentaires ou
alternatives
C. Les facteurs situationnels
1. les facteurs situationnels
inhérents à la relation psychothérapeutique
a. les facteurs structurels
- expression
verbale
- expression non-verbale : gestuelle et
silence
- le temps psychothérapeutique
- les autres temps de la psychothérapie:
moments et instants privilégiés
b. les facteurs psychologiques
- aptitudes du
psychothérapeute
-
attitudes de la personne consultante
2. Les facteurs situationnels
incidents à la relation psychothérapeutique
a. les facteurs relationnels
- effet placebo
- premières
impressions
- transfert et
contre-transfert
b. les
facteurs conjoncturels
- les aléas de la vie
Chapitre IV : Regard sur mon
expérience en psychothérapie éclectique intégrative
A. Une histoire
B. Observations
C. Techniques de base
D. Méthode
1. le cadrage
2. la phase de reformulation
de la pensée
3. la terminaison
Conclusions
Addenda
I-
Techniques de modification des conduites
II Les deux
types de conditionnement
III Les
trois catégories de renforcement
IV La
méthode de relaxation musculaire progressive de Jacobson
V
Hiérarchie des besoins selon Abraham Maslow
VI Liste des mécanismes de défense les plus utilisés
VII Quelques réflexions sur la plasticité cérébrale
VIII Le
système limbique : centre des émotions
IX. L'effet
placebo en psychologie
X Diagramme
sur les facteurs d'influence
Bibliographie
Table des matières
*L’effet placebo fait
partie des facteurs situationnels incidents que l’on retrouve parmi ce que les
psychothérapeutes appellent facteurs communs. Etymologiquement,
le terme placebo vient du latin
qui veut dire « je plairai ». A l’opposé, nocebo signifie
« je nuirai ». Dans le dictionnaire Larousse du xixe
siècle, le terme placebo désigne le courtisan, homme qui aime plaire.
L’effet placebo en
psychologie représente donc la parfaite démonstration de l’existence d’une
action psychologique positive quand on porte attention à quelqu’un : une
action qui a des répercussions dans le cerveau de cette personne car le
phénomène psychologique du soulagement qu’est celui de savoir que l’on va être
aidé est lui-même l’expression de phénomènes neuro-bio-chimiques
et électriques qui ont lieu dans nos neurones quand on est rassuré, soulagé,
content, sécrétion des hormones du « plaisir » oblige! En
psychologie, on peut alors faire la triple équation suivante : effet placebo
égale effet psychologique positif, égale effet psychothérapeutique égale
effet neuro-bio-chimique et électrique ; donc, un effet qui est loin
d’être neutre et même nul comme il l’est en pharmacologie dans l’expérimentation
des effets thérapeutiques de tel ou tel médicament. Ainsi, lorsqu’on évoque comme type de facteur incident rendant compte du bon
déroulement d’une psychothérapie l’effet placebo, c’est quasiment faire
une tautologie. Par effet placebo, on valide la reconnaissance de
l’effet bénéfique du phénomène psychologique qui a lieu chez la personne
lorsqu’on lui porte attention, intérêt, avec assurance d’aide et de soutien
soit une sensation de soulagement, de plaisir même, de réconfort qu’elle
éprouve à savoir qu’on la comprend et qu’elle va être prise en charge pour
aller mieux. Si l’effet placebo signifie effet nul dans le cas d’un
médicament inefficace, il n’en est pas de même en psychologie.
** L'intuition chez tout individu
est la conscience dans l'instant d'une perception globale projective qui
coïncide au plus près à la réalité de ce que l'on sait avoir été, qui est, ou
bien qui peut arriver.
Chez le psychothérapeute, cette perception sera d'une acuité d'autant plus fine
et conforme à la réalité qu'il aura acquis, par son expérience et sa pratique,
une bonne connaissance de l'être humain dans ses façons d'être et de
penser.
***
A noter la contribution croissante des techniques
de neuroimagerie fonctionnelle dans l'évaluation
de différentes formes de psychothérapie,
de leurs apports respectifs dans le traitement
des symptômes, tout en apportant des
précisions sur leurs loci d'action
dans le cerveau. Lire, entre autres articles,
dans www.nature.com/mp
du 26 mai 2006 la revue de l'article de
Dr.DEJ Linden, School of Psychology, University
of Wales, UK "How psychotherapy
changes the brain - the contribution of
functional neuroimaging" publié
dans Molecular Psychiatry (2006) 11, 528-538.
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